Moëz MAJED

Tunis | Tunis

about

Born in Tunis on June 16, 1973 in a family of intellectuals and diplomats, he grew up in an environment of scholars. He did scientific studies and obtained in 1998 a DEA in biology at the Faculty of Sciences of Tunis and a master in management at the École centrale de Lille in 2000. His literary career began as a student with the publication of his first collection, L’Ombre… la lumière, published by Arabesques (Tunis) in 1997. A second collection was published in 2008 by Contraste Édition (Sousse) and entitled Les Rêveries d’un cerisier en fleurs then in 2010 published its third collection, L’Ambition d’un verger. In 2012, Gisant was published by Fata Morgana (Saint-Clément), followed in 2014 by Chants de l’autre rive, by the same publisher. In 2022 he published his sixth collection of poems Libellule by Al Dante – Les Presses du réel (Dijon). Several critical studies of his work are published (Décharge: n° 147 in 2010; Poésie Première: n° 59 – September 2014; the Romanian literary monthly Apostrof in 2013; the literary magazine Nezwa (Oman) in 2013; the Greek literary magazine Frear in March 2015; the French magazine Les Eaux vives – January 2015). In 2011, he won the Prix-Concours de poésie Paul Verlaine 2011 (Metz) with “special mention of the jury – poésie libre”. A translator of poetry, he has produced numerous reference translations into French, including an anthology of contemporary Saudi poetry (Al Dante, 2021) and a selection of the work of the Turkish poet Ataol Behramoglu (Merle moqueur, 2021). Moëz Majed created in 2013 the International Poetry Festival of Sidi Bou Saïd which is held every summer in Sidi Bou Saïd near Tunis. After eight editions, this festival is now the main international poetic event in Tunisia and the south of the Mediterranean.

à propos

Né à Tunis le 16 juin 1973 dans une famille d’intellectuels et de diplomates, il grandit dans un environnement de lettrés. Il fait des études scientifiques et obtient en 1998 un DEA en biologie à la faculté des sciences de Tunis puis un master en management à l’École centrale de Lille en 2000. Sa carrière littéraire commence alors qu’il est étudiant avec la parution de son premier recueil, L’Ombre… la lumière, aux éditions Arabesques (Tunis) en 1997. Un deuxième recueil est publié en 2008 chez Contraste Édition (Sousse) et intitulé Les Rêveries d’un cerisier en fleurs puis en 2010 paraît aux éditions L’Harmattan (Paris) son troisième recueil, L’Ambition d’un verger. En 2012, Gisant paraît chez Fata Morgana (Saint-Clément) suivi en 2014 par Chants de l’autre rive, chez le même éditeur. En 2022, il publie son sixième recueil de poèmes, Libellule, aux éditions Al Dante – Les Presses du réel (Dijon). Plusieurs études critiques de son œuvre sont publiées (Décharge, n° 147 en 2010 ; Poésie Première, n° 59, septembre 2014 ; le mensuel littéraire roumain Apostrof en 2013 ; la revue littéraire Nezwa (Oman) en 2013 ; la revue littéraire grecque Frear en mars 2015 ; la revue française Les Eaux vives, janvier 2015). En 2011, il est lauréat du prix-concours de poésie Paul Verlaine 2011 (Metz) avec « mention spéciale du jury – poésie libre ». Traducteur de poésie, il a réalisé de nombreuses traductions de référence vers le français, notamment une anthologie de la poésie saoudienne contemporaine (Al Dante, 2021) et une sélection de l’œuvre du poète turc Ataol Behramoglu (Merle moqueur, 2021). Moëz Majed a créé en 2013 le Festival international de poésie de Sidi Bou Saïd qui se tient chaque été à Sidi Bou Saïd à côté de Tunis. Au bout de huit éditions, ce festival est aujourd’hui la principale manifestation poétique internationale en Tunisie et au sud de la Méditerranée.

Poésie

  • L’Ombre… la lumière, éd. Arabesques, Tunis, 1997
  • Les Rêveries d’un cerisier en fleurs, éd. Contraste, Sousse, 2008
  • L’Ambition d’un verger, éd. L’Harmattan, Paris, 2010
  • Gisants, éd. Fata Morgana, Montpellier, 2012
  • Chants de l’autre rive, éd. Fata Morgana, Montpellier, 2014
  • Libellule, éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2022.
  • غير بعيد من هنا éd. Al Ahlya (Amman, Jordanie), 2019

Récits 

Tout un poème (extrait d’une émission radiophonique qu’il produit sur Radio Tunis Chaîne Internationale RTC en compagnie de Emna Louzyr), éd Nirvana, Tunis, 2021.

Traductions

  • Un printemps assiégé (traduction du turc de poèmes d’Ataol Behramoglu), éd. Merle moqueur, Paris, 2021.
  • Dans les galops des sables (traduction vers le français d’une anthologie de la poésie saoudienne), éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2021
  • Nuages dans des nuages (traduction de poésies de Ghassan Al Khuneizi), éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2021
  • Intranquillité des dunes (traduction de poèmes d’Ahmed Al Mulla), éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2021
  • Semences pour les moissons d’absences (traductions de poésies de Mohamed Al Herz), éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2021
  • Brève mythologie de l’effroi (traduction de poésies de Saleh Zamanan), éd. Al Dante – Les Presses du réel, Dijon, 2021
  • سينما تبحث عن الشعر Un cinéma en quête de poésie (arabe), essais critiques sur le cinéma poétique rassemblés par Nadja Cohen, éditions Jussur, Dammam, KSA, 2023.
دائريٌّ

يُحْكَى أنَّ تيمورلنك
بَكَى
وَهُوَ يُطَالِعُ اتِّسَاعَ إمبرَاطورِيَّتِه
إذ لمْ يَبْقَ له أرَاضٍ لِيَغْزُوَهَا.

اليومَ،
سُيَّاحٌ إنجليز يَرْتَدونَ تنُّورَاتِ بِرمُودا
يَلتقِطُون صُوَرَ سِيلْفي
رَافِعِين علامَة النَّصْرِ
أمَام نَاوُوسِه.

خَطَّطَ خَيرُ الدِّين بَرْبَرُوس،
لِيُدْفَنَ
علَى سَفْحِ هَضْبةٍ اشتَرَاها
قُبَالَةَ مَضِيقِ البُوسْفُور.

يُحكى أنَّ النَّاسَ قدْ رَأَوْهُ في اللَيلةِ التي تَلَتْ دَفْنَه
وَهُو يَتَجوَّلُ في شَوَارِعِ إسطنبولَ
يُقالُ إنَّهم اضْطُرُّوا لِرَبْطِ كِلابٍ حَوْلَ قَبرِه
لِإبقَائِه هُناك.

اليَومَ،
ها هو يَنامُ في ضَجيجِ زَحمةِ دَوّارٍ مُرُورِيٍّ
خَلْف مَأْوى لِلحَافِلاتِ.

حنَّبعلُ،
الذي كَان يَنامُ كُلَّ لَيْلَةٍ
مع خنْجرٍ وخَاتمٍ مَسمُومٍ
وكِتابٌ لِأَرسْطو
تَحت وسَادتِه

يَرْتَاح اليومَ في مكانٍ مّا تَحت حَقْلٍ من الهنْدباءِ
حيثُ تَرْعى، بِهُدوءٍ،
بَقَرَاتٌ
ورُبَّما بَعْض المَاعِزِ.

فِي طَبَقِ العَدَس هذا، وقدْ أَعَدَّه لِي سُورِيٌّ
في مَطْعَمٍ بإسطنبول
ربّما يوجَدُ شيءٌ مِن قَلْبِ هيكْتُور المَطْعُونِ
وحَدَقَةٌ زرْقاءُ مِثل مياه الدَرْدَنِيل
لِمُلْهِمةٍ عُثْمانيّةٍ.

في منْزِلٍ بِجُدرانٍ بِيضٍ وَسَتائِرَ من التُّولِ
تُحَاوِل الهُروبَ مَع هبَّاتِ النَّسيمِ،
هذِه الجَهنَّميَّةُ التِي تَتشَبَّثُ
بِحَدِيدِ السِّيَاجِ
لَعَلَّها تَحْمِلُ في بَتْلَاتِها
لِحْيَةَ سُقْراط وَحَلَمَةَ مُومِسٍ مِن زِيغِينْشُور
انتَهى بِها المَطافُ أسْفَلَ مَرْكَبِ تَاجرِ رَقِيقٍ في طَرِيقِه إلى البرازيل.

“هَذه الأرْض هُنَا عَسَلٌ
لِلكَائِنات الحيَّةِ
هَذِه الكَائِناتُ عَسَلٌ
لِهَذِه الأرْض هُنا ”

هكذا تَكلَّم حَكِيمُ شَعْبٍ بَعِيدٍ
يُشْبِهُني

أَيَّتُها الأرْواحُ القَلِقةُ دَائمًا وإلى الأَبدِ
أيَّتها الأَجْسادُ المُتَنَاثِرةُ في الأَجْسادِ
هل هُناك جَحِيمٌ آخَرُ
أَكْثرُ هَلاكًا وأَكْثرُ بُطئًا؟

Moëz Majed

دائريٌّ

CIRCULAIRE

On dit que Tamerlan
observant l’étendue de son empire
pleura
car il ne lui restait plus de monde à conquérir.

des touristes anglais en bermudas
prennent des selfies
et lèvent le « V » de ses victoires
devant son sarcophage.

Khair-Eddine Barberousse, lui,
avait prévu de se faire enterrer
en bas d’une colline qu’il avait acquise
face au Bosphore.

On raconte que la nuit suivant son enterrement
on l’a vu errer dans les rues d’Istanbul
on raconte qu’on a dû attacher des chiens autour de sa tombe
pour qu’il y reste.

Aujourd’hui,
il dort dans le vacarme d’un rond-point embouteillé
derrière un abribus.

Hannibal,
qui dormait chaque nuit
avec un poignard, une bague-poison
et un traité d’Aristote
sous l’oreiller

repose aujourd’hui quelque part sous un champ de pissenlits
où paissent, impassibles,
quelques vaches et sans doute quelques chèvres.

Dans ce plat de lentilles que me prépare un Syrien
dans une gargote stambouliote
il y a peut-être une part du cœur transpercé d’Hector
et l’iris bleu comme l’eau des Dardanelles
d’une égérie ottomane.

Dans une maison aux murs blancs et aux rideaux de tulle
qui tentent de s’échapper dans la brise,
ce bougainvillier qui s’accroche
au fer forgé de la clôture
a peut-être dans ses pétales
la barbe de Socrate et le téton d’une catin de Ziguinchor
ayant fini dans les cales d’un marchand d’esclaves en route pour le Brésil.

« Cette terre que voici est du miel
pour les êtres vivants
ces êtres sont du miel
pour cette terre que voici »

ainsi parlait le sage d’un peuple lointain
qui pourtant me ressemble.

Esprits à jamais et sans cesse intranquilles…
corps dispersés dans les corps
y a-t-il un autre enfer
plus pernicieux et plus lent ?

Circulaire…

Moëz Majed

Circulaire

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